Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret,


De Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau



Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret, c'est un livre qui m'a beaucoup beaucoup plu. Déjà, dans l'ensemble, c'est un plaisir de tourner les pages, de découvrir les illustrations et de lire les dialogues, c'est un plaisir de suivre le chemin d'Alphonse Tabouret au fil des rencontres qu'il fait. C'est tendre, amusant, joli, parfois un peu triste, assez fin par moments, et Alphonse Tabouret est très attachant. J'ai beaucoup aimé les illustrations de Jérôme d'Aviau et certaines répliques ! Et puis il y a quelques personnages, des passages, qui ressortent du lot, où vraiment, j'avais très envie que quelqu'un soit avec moi pour lui partager, parce que les échos venaient en ribambelle.

Je pense notamment à Ide, un personnage remarquable. Son nom déjà, ça doit être une sorte de suffixe évoquant la forme si je ne me trompe pas ? Ide est un personnage avec un trou à l'intérieur de lui, un grand trou au centre de son corps, comme s'il lui manquait son noyau. Et quand on approche de lui,un objet ou une personne, son trou prend la forme de l'objet ou de la personne et tend à vouloir l'incorporer en lui, et qu'enfin, il soit "complet". Et alors Ide est enfin heureux, comblé. J'ai trouvé ce personnage très parlant ! Quelle bonne idée pour se représenter le désir d'emprise, le besoin d'engloutir l'autre, le sentiment douloureux d'incomplétude qui semble ne trouver soulagement que dans la fusion avec quelqu'un... ou quelque chose. 



J'ai beaucoup aimé découvrir comment à travers la représentation d'un tel personnage on pouvait évoquer ces mouvements là. D'ailleurs, plus le temps passe, plus je crois que ce qui me plait dans la lecture et dans les images, c'est exactement ça, découvrir des représentations, des manières de penser, d'imaginer, d'illustrer des choses qui font partie de nous, de la vie, d'une manière ou d'une autre. J'aime par exemple infiniment la manière dont la colère a été représentée dans La colère de Banshee, c'est une des plus justes et belles manières de mettre en scène cette fureur à mes yeux. Et puis Les Lieux Rien d'Extrêmement Fort et Incroyablement Près, c'est aussi cela, une manière de représenter quelque chose qui me parlait au plus profond, comme une révélation de ce que j'ai toujours souhaité sans trouver le moyen de l'exprimer: un espace protégé. Je pourrais continuer longtemps comme ça ! Mais revenons à ce cher Alphonse Tabouret. Ce petit bonhomme s'est réveillé seul dans une forêt, né de la dernière pluie. Il y a un passage, dans les débuts du livre, qui m'a aussi beaucoup plu, c'est celui de sa rencontre avec Esnohpla. J'ai bien envie de mettre des extraits mais c'est compliqué sur blogger. Et si vous avez envie de découvrir les croquis et recherches d'ambiance pour Alphonse Tabouret, vous pouvez faire un tour dans les archives du blog de Jérôme Aviau !

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